Le corps des mots

 

 

Le sens lentement, parvient à la surface lisible, il traverse les épaisseurs silencieuses de la matière. La syntaxe véritable est de temps, de terre, de toile ; Syntaxe verticale : creusée, modelée, piquée. Elle ne s’inscrit pas dans la fluidité abstraite de la phrase ; les syllabes, les mots nous parviennent isolés, absolus, chargés de leur face obscure ramenée de la traversée de la matière. Ils naissent de cette traversée qui leur donne corps, ils nous parviennent avec leur poids de silence et par-là ils révèlent, nous donnant la chose à voir dans la toute première fraîcheur de l’expérience, unique, redonnée à notre contemplation.

 

Toulouse, le 28 nov. 2002.
Marine Bourgeois